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L’OL : La lumière au bout du tunnel ?
Au lendemain d’une qualification européenne convaincante face aux Hollandais de l’Az Alkmaar, l’Olympique Lyonnais semble enfin un peu sortir la tête hors de l’eau. Retour sur la première partie de saison chaotique de l’actuel quatrième de Ligue 1.

Crédit image : Le Progrès/S.Guiochon
Jean-Michel Aulas se fait remarquer
A Lyon, les fans respirent de nouveau. Trois victoires d’affilées, il y a un moment que l’on n’avait plus vu ça dans la Capitale des Gaules. Irrégularité, occasions gâchées, contre performances enchaînés, après trente journées, voilà plutôt ce à quoi le vice champion de France en titre nous avait jusque ici habitué. Et forcément, c’est un euphémisme de dire que chez les supporters, le mécontentement commençait à enfler. De là à conspuer Alexandre Lacazette, le meilleur buteur du club est l’un des seuls joueurs à un tant soit peu surnager ? Et bien oui, une interview du buteur affichant ses envies d’ailleurs mettant le feu aux poudres le lendemain de l’humiliante défaite face au voisin Stéphanois. Difficile de faire plus mauvais timing.
Dans le même registre, que dire du trublion Jean-Michel Aulas qui ne manque pas une occasion de se faire remarquer à coup de déclarations fracassantes sur Twitter ? Si sa gestion du club et le projet qu’il a bâti pour l’OL sont en tout point irréprochables, certaines de ses interventions le sont moins et peuvent à terme vraiment porter préjudice à l’image d’une équipe dont la côte d’amour n’a jamais été aussi basse dans l’Hexagone. Trop jeter la pierre à celui que l’on surnomme affectueusement « Jean-Mimi » serait néanmoins vraiment malhonnête tant l’OL doit à sa dévotion sans faille et à son professionnalisme. Cette saison, ses excès ne sont que le reflet de l’acharnement médiatique dont semble faire preuve le club, notamment sur la question de l’arbitrage et des penaltys. Sans cesse raillé sur les réseaux sociaux, accusé ouvertement et à plusieurs reprises d’être favorisé par des arbitres aux sifflets faciles, le Président encaisse les coups pour son équipe et réplique avec piquant, comme à son habitude. Au final, difficile de dire si cela a un quelconque impact sur les résultats et le moral de l’équipe, même s’il est évident que ce battage médiatique est loin d’être idéale pour la concentration sur la seule chose vraiment importante : le pré.
A Lyon, les problèmes dépassent donc le seul cadre sportif, cela même si « passoires intersidérales » ou « abominations footballistiques » serait deux locutions à considérer pour qualifier les différentes charnières centrales alignées par Bruno Génésio cette saison. Même si cela peut paraître dur et exagéré, Mapou Yanga M’biwa et Nicolas N’koulou pour ne citer qu’eux, se sont employés à montrer que dans le cas de l’OL, la frontière entre hyperbole et réalité est bien fine. Enchaînant bourde sur bourde, les défenseurs ne se sont que trop rarement mis en évidence et les gages de satisfaction de ce côté là sont bien peu nombreux. Néanmoins, encore une fois, en faire les boucs émissaires d’une équipe longtemps malade serait très injuste. D’autant plus quand on sait que même si globalement elle évolue à un niveau de jeu plus satisfaisant, la paire Mammana / Diakhaby, est encore coupable aujourd’hui de nombreuses absences qui coûtent cher à l’OL.
Le milieu de terre est aussi un véritablement problème
Malheureusement, la défense n’est que l’un des symptômes d’un mal plus grand qui a véritablement gangrené la saison des Gones. Et si on peut se satisfaire de la nouvelle dimension prise par Corentin Tolisso, difficile d’en faire autant pour les autres cadres, souvent empruntés et pas vraiment à la hauteur, à l’image d’un Maxime Gonalons coupable d’une bévue défensive contre Dijon samedi dernier (4-2) ou d’un Nabil Fekir qui peine à retrouver son vrai niveau de jeu près d’un an et demi après s’être rompu les ligaments croisés du genou.
Le coach Bruno Génesio peine à trouver la combinaison idéale et ses choix ne font pas que des heureux. La faute à un effectif pléthorique au milieu où des joueurs aux profils très différents comme Tolisso, Tousart, Darder et Ferri sont mis en concurrence. Les places sont chères et les deux derniers semblent faire les frais de la recherche de stabilité de Génésio et des bonnes performances globales des pépites Tousart et Tolisso. Ils payent aussi les choix tactiques de l’entraîneur qui privilégie cette saison un dispositif en 4/3/3 avec Tousart et Gonalons en position de sentinelles. Exit donc le traditionnel 4/4/2 avec milieu en losange où Sergi Darder était bien plus à l’aise dans son rôle de métronome et où il aurait sans doute pu truster une place de titulaire au côté de Tolisso. L’espagnol et le natif de Cavaillon sont donc clairement en manque de temps de jeu et leur impatience se fait de plus en plus palpable. Jordan Ferri a d’ailleurs bien failli faire ses valises dès cet hiver après que des clubs comme le Besiktas ou la Fiorentina soient venus aux renseignements pour s’attacher ses services. Le perdre serait dommage, mais aujourd’hui la priorité devrait être de donner du temps de jeu à Darder dont le mal être ne fait aucun doute et pourraient lui donner envie de mettre les voiles dès le mercato estival. L’espagnol a été signé sur le long terme (jusqu’en 2020) et son potentiel technique est bien trop intéressant pour être négligé. Avec le probable départ de Tolisso cet été, l’Ibère aura peut être plus la chance de s’exprimer la saison prochaine, en tout cas, on l’espère.
L’équipe a aussi clairement pêché par irrégularité. Capable de battre les cadors du championnats comme Monaco et de livrer une prestation assez aboutie contre le PSG, l’OL a aussi laissé de nombreux points en route contre des adversaires bien plus abordables. En témoigne les récentes défaites à Lorient, Caen ou encore le derby perdu face au rival stéphanois. Les Gones ne semblent arriver à se transcender que dans les grands rendez-vous, et c’est bien dommage parce que quand viendra le moment des comptes, ces points laissés en route risquent de peser lourd dans la balance.
Tout n’est pas noir pour les Lyonnais
Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’horizon des Lyonnais paraît même commencer à se dégager. En tout cas, il y a du mieux et l’OL semble repartir du bon pied en cette fin de mois de février. Après être venu a bout difficilement de courageux Dijonnais le week-end dernier, l’OL a passé pas moins de onze buts aux Néerlandais d’Alkmaar sur l’ensemble des deux matchs. Symbole du renouveau lyonnais ? Pas vraiment puisque l’animation offensive n’a jamais vraiment été le problème. Lacazette marque, et marque même beaucoup. Valbuena, Tolisso et Cornet par moment l’épaule plutôt bien. Disons plutôt que cela permet d’engranger un peu de confiance dans une période où celle-ci faisait vraiment défaut. De plus, la recrue phrase du mercato hivernale, Memphis Depay qui, jusque ici, nous avait clairement laissé sur notre faim semble monter en puissance. C’est en tout cas ce que laisse entrevoir sa dernière titularisation contre Dijon et on ne peut qu’espérer que cela continue puisque Lyon aura besoin d’un Memphis en pleine forme pour finir la saison en beauté. En tout cas, les motifs d’espoir sont là et il fera peut être rapidement de nouveau bon être supporter lyonnais.
Plus que jamais, la défense est la clé. Malgré les bons résultats de ces derniers temps, elle ne présente pas vraiment de gage de sécurité, bien au contraire. Il est vital de faire mieux, et rapidement parce que les prochaines échéances s’annoncent décisives pour la suite de la saison. L’OL est décroché de la course au podium, mais le club voit ses rivaux stéphanois et marseillais se rapprocher dangereusement de sa quatrième place, synonyme de qualification directe en Europa League. Lyon connaît aussi son adversaire en huitième de finale de cette même compétition. Il s’agira de l’AS Roma et de son attaque de feu. Nul doute que si les Gones veulent espérer quelque de chose de cette confrontation, il faudra se montrer solide des deux côtés du terrain et ne pas encaisser de but bêtement.
Une chose est sure, si le jeu lyonnais est assez séduisant depuis le début d’année, jusque ici cela ne suffisait pas pour gagner les matchs en enchaîner les bonnes performances. Lyon semble avoir enfin rompu la malédiction, et on est en droit d’espérer une dynamique positive qui ferait enfin prendre au club son envol en championnat. A confirmer lors des prochaines rencontres.
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